Notre couleur

Il va de soi que nous, les parents fondateurs, guidons les valeurs initiales, mais puisque c’est une école guidée par sa communauté, elle sera peaufinée avec le temps et les efforts de chacun. Voilà tout de même ce que nous souhaitons faire transparaître et faire vivre aux élèves qui fréquenteront cette école.

Les valeurs de l’école:

Notre école adhère également aux valeurs prônées par le RÉPAQ( Réseau d’école publique alternative du Québec), soit la responsabilité, la coopération, le respect, l’autonomie, l’engagement, la démocratie, la coéducation (enseignant, parents, pairs), l’enseignant comme guide. Nous croyons que celles-ci sont importantes, voir essentielles au fonctionnement d’un milieu éducatif qui respecte le rythme d’apprentissage, les intérêts et les besoins de chacun de ses élèves. De plus, nous ajoutons à cette liste l’ouverture, l’accomplissement et la connaissance de soi. Pour que chaque enfant trouve sa place, s’épanouisse et laisse sa marque dans son école.

Les orientations de l’école:

1. Communication bienveillante

Nous voulons que le personnel éducatif  intervienne de façon positive et empathique envers les enfants. Avoir une attitude calme, douce, chaleureuse et  être à l’écoute de leur besoins et émotions permet aux enfants de se sentir respectés et seront à leur tour bienveillants. Ce type d’intervention permet au cerveau des enfants de produire de l’ocytocine, une hormone qui favorise le développement de la coopération, l’amour, l’amitié, la confiance, l’empathie et  la diminution du stress[1]. Cette hormone est aussi responsable de la maturité du cerveau et permet ainsi à mieux gérer ses émotions et avoir un bon sens moral.

[1] http://apprendreaeduquer.fr/preuves-neurosciences-education-bienveillante/

2. L’écologie de l’éducation

L’écologie de l’éducation vient du mouvement «l’écologie de l’enfance». Il s’agit d’adopter une nouvelle attitude face à l’enfant et au développement de celui-ci. Cette attitude est faite de confiance et de respect envers les dispositions et les capacités naturelles de l’enfant. André Stern a dit : «les enfants ne sont ni des vases à remplir, ni des feux à allumer : ils sont un foyer à ne pas éteindre».

On propose avec l’écologie de l’enfant et de l’éducation de laisser l’enfant être un enfant. De le laisser découvrir, jouer et se développer à son rythme sans essayer de le modeler ou de l’amener à changer. L’enfant conserve ainsi sa curiosité d’apprendre, son émerveillement et il se respectera lui-même spontanément tout en respectant les autres, la nature et l’environnement. Le site www.ecologiedelenfance.com explique que ce mouvement ne propose pas d’encadrement spécifique, de façon de faire pour faire partie de l’écologie de l’enfance, il faut simplement rester en mouvement et à l’écoute des enfants.

3.L’environnement

Tel que proposé par l’écologie de l’éducation, mais aussi par plusieurs approches alternatives, le respect de l’environnement est un point important pour notre école. Le développement durable, le plein air, la nature sont des éléments dans lesquels nous souhaitons faire évoluer les enfants qui fréquenteront notre école.

Nous souhaitons que le respect de l’environnement ne soit plus une valeur à défendre, mais que ça devienne une normalité. La création d’un jardin, l’élaboration d’un plan de compostage, la valorisation de la réduction des déchets, la recherche d’alternatives plus écologiques ne sont que quelques idées qui pourraient être exploitées par l’école.

4.La santé et les bonnes habitudes de vie 

«Un esprit sain dans un corps sain», voilà un adage que l’on souhaite transmettre aux enfants qui fréquenteront notre école. Il est important pour nous de les amener à comprendre l’importance de bien s’alimenter et de savoir comment s’y prendre; mais aussi l’importance de bouger et d’être actifs. Les enfants ont besoin d’activité physique au quotidien. Bien des enfants sont turbulents en classe parce qu’ils ont besoin d’exprimer leur énergie et n’arrivent tout simplement pas à se contrôler.

5.L’ouverture sur le monde 

Compte tenu de la situation socio-économique de Granby et du statut de terre d’accueil pour les arrivants, il est important pour nous de développer l’ouverture sur le monde chez les enfants. L’enfant sera appelé à côtoyer des gens de différentes origines et nationalités au quotidien, que ce soit au magasin, dans son quartier ou dans sa classe. Nous souhaitons amener les enfants à respecter et à être ouverts et curieux aux différences d’autrui. Nous pourrions collaborer avec des organismes communautaires tels que le SERY pour y arriver.

Bien plus que l’acceptation des différences culturelles ou religieuses des personnes que nos élèves côtoieront, nous visons l’acceptation des différences de capacités (mentales et physiques). Le RÉPAQ en a fait une de ses préoccupations pour les années à venir. L’école inclusive se veut une école adaptée pour tous et chacun. Ce n’est pas l’enfant dit différent qui doit s’adapter, mais bien l’école qui accepte l’enfant tel qu’il est et qui s’adapte à lui.

Nous avons également ciblé des moyens qui seraient intéressants à utiliser à notre école. Ces outils apporteraient une couleur bien particulière à notre école et caractériseraient notre pédagogie. Notre choix s’est donc arrêté sur la philosophie pour enfants, l’ergothérapie et la neuropédagogie.

6. Philosophie pour enfants

Le but de la philo pour enfants est de les amener à développer leur esprit critique et à penser de façon critique. Nous ne cherchons pas à donner aux enfants des réponses toutes faites, nous cherchons à développer leur pensée réflexive, critique et créatrice. L’enseignant débute en faisant la lecture d’une histoire ou d’un conte philosophique adapté à l’âge de ses élèves[1] tout en recueillant les questionnements et les pistes de réflexions soulevés par le texte. Il anime ensuite, à partir des questions, la discussion avec les élèves. Les thèmes vus peuvent être la justice, l’équité, l’amour, le bien et le mal, le bonheur, l’amitié, etc. Les enfants y apprennent à respecter l’autre dans ses idées, à questionner, à respecter le droit de parole et à argumenter. Devant de grandes questions, il se peut que l’enfant ne sache pas quoi répondre ou penser. C’est là la beauté de la philosophie puisqu’il y a parfois des questions qui n’ont pas de réponses claires. L’enfant apprend à douter et à accepter que son opinion puisse différer de celle d’un camarade.

Dans l’article « Les bienfaits de la philosophie pour enfants» (www.apprendreaeduquer.fr, 2016), on fait ressortir les compétences acquises par les enfants lors des ateliers de philosophie. En voici quelques-unes ressorties par les enseignants : développer le langage et le vocabulaire; porter un œil critique;  explorer de nouveaux domaines; approfondir sa pensée; comprendre que la vie n’est pas une compétition et qu’il n’y a jamais une seule bonne réponse; être à l’aise avec la critique; gagner en maturité et en confiance en soi; échanger des idées sans avoir peur; développer une capacité de réflexion; faire des hypothèses et les vérifier; penser ensemble ; penser par soi-même, etc. Les enfants d’aujourd’hui sont continuellement exposés aux médias et à la publicité. En se créant un œil critique, nous visons à ce qu’ils deviennent des adultes responsables, pensant par eux-mêmes et capables de se questionner sur le monde qui les entoure. Tel que le mentionne Yersu Kim de l’UNESCO, nous ne verrons peut-être pas les bénéfices de la philosophie pour enfants sur nos élèves d’aujourd’hui, mais nous pourrons en constater les bienfaits sur les adultes qu’ils seront demain[2].

[1] www.philoenfant.org

[2] Yersu Kim, Directeur, Division de la Philosophie et de l’Ethique, UNESCO, 1999.

7.L’ergothérapie

L’école alternative est à l’écoute des besoins des élèves et de l’innovation. En classe, un élève peut ressentir le besoin de manipuler un objet (pâte à modeler, balle anti-stress), de se balancer dans un hamac ou d’utiliser des outils sensoriels ou proprioceptifs (animaux lourds, bean bag). Cela peut améliorer son comportement et aider les autres élèves à se concentrer. Le but est d’amener l’élève à identifier ses besoins et à trouver les outils qui lui permettent de se sentir mieux. Il finira par être en mesure de trouver ses propres stratégies à utiliser pour régler une situation et aller chercher ses outils par lui-même[1]. L’utilisation de l’ergothérapie à l’école alternative de la Tortue-des-Bois à St-Mathieu–du-Parc, en Mauricie, est un exemple très inspirant. Les enseignants s’entendent pour dire que les impacts sont positifs sur plusieurs plans : le sentiment de sécurité, la régulation émotionnelle, les capacités relationnelles et motrices, etc.

[1] Source : Des élèves du primaire assistent à leurs cours…dans un hamac. Reportage de Madeleine Goubau (2013), Ici, Radio-Canada.

8. Neuropédagogie

La neuropédagogie permet d’utiliser les résultats de recherches scientifiques pour améliorer les périodes d’apprentissage. Avec les tout-petits, on peut leur apprendre à faire différentes connexions en utilisant, par exemple, divers outils sensoriels. L’enfant apprend donc en faisant des liens qui faciliteront ses apprentissages. Par exemple, pour l’alphabet, l’enfant apprend le dessin de la lettre, entend le son de celle-ci. On peut ensuite ajouter le toucher en bandant les yeux de l’enfant et en lui remettant la lettre dans un matériel sensoriel particulier. Cet aspect de la neuropédagogie se rapproche de la méthode Montessori où l’enfant apprend beaucoup grâce à ses sens.

Ensuite, avec les plus grands, on peut susciter une réaction pour capter une émotion positive pour débuter une activité. Lorsqu’une personne ressent une émotion positive, son cerveau sécrète de la dopamine qui lui donne envie d’apprendre. À l’inverse, un individu qui ressent de l’anxiété ou du stress face à une tâche, ressentira de l’ennui ou voudra fuir l’activité en question. C’est pourquoi la neuropédagogie propose de travailler la mémorisation autrement que par du «par cœur». On propose d’y aller plutôt par association d’idées, en faisant des cartes mentales ou en faisant des liens avec l’expérience personnelle.

Ces stratégies se sont révélées plus efficaces puisque les élèves avaient plus de facilité à se souvenir de leurs idées[1].

[1] Source : Cerveau : Les découvertes de la neuropédagogie. Reportage sur France2.